mercredi, 09 décembre 2009
Voyage à Clermont-Ferrand
Un séjour clermontois
Présents sur le sol français depuis un peu plus de deux mois, les auditeurs du Centre d’études financières, économiques et bancaires (CEFEB) de l’Agence française de développement (AFD) étaient conviés à une visite de contact ponctuée d’animations diverses, par leur université de rattachement, celle de Clermont Ferrand située à environ cinq cents kilomètres de Marseille.
Le séjour prévu pour trois jours a coïncidé avec un calendrier marqué par plusieurs évènements historiques, situés entre le 9 et le 11 Novembre.
Lundi 09 : Le départ
Ce 9 novembre sonnait comme une prédestination pour les auditeurs qui rompaient avec la coutume. Ils se présentèrent à la Joliette, le point de ralliement, ponctuels comme une montre suisse à l’appel de la délégation des encadreurs du CEFEB qui avaient insisté sur cet élément compte tenu de la distance. Etait-ce un signe annonciateur d’un voyage heureux !
Même s’ils ne se doutaient pas le moins du monde de l’importance de ce qui venait de se jouer sur l’instant, les passants de la place de la Joliette étaient quand même un peu ébranlés par le spectacle qui s’offrait à leurs yeux. En effet, la cohorte des céfebistes s’était couverte de force habits en vue d’affronter les rigueurs du climat de Clermont qui semblaient les traumatiser à l’extrême.
Départ en autocar de la Joliette
Un à un, les céfebistes franchirent le majestueux et confortable bus de Protour qui avait été mis à leur disposition, saluant au passage le chauffeur et le responsable de la Division formation et coordonnateur du voyage, Monsieur Patrick CHOUTEAU, qui avait à ses côtés, MM. BOISSELET, BOSSE et TOUYA et Mme GAZEL et Monsieur Thierry BANGUI, consultant.
Les auditeurs investissaient l’autocar se répartissant pour certains par affinités alors que d’autres choisissaient plutôt en privilégiant la position du siège qui leur offrait plus de mobilité.
Bien que long, le trajet fut agrémenté par diverses animations et haltes salvatrices permettant aux esprits confinés de se libérer du trop plein accumulé. Il était prévu de suivre des projections sur les pays d’origine des stagiaires mais aussi les interventions de l’AFD à travers le monde. Il n’en fut rien du fait d’une capricieuse machine qui refusa obstinément de répondre aux sollicitations dont elle fut l’objet de la part du chauffeur. Une expérience qui nous permit simplement de renforcer nos certitudes sur le mariage fort heureux entre les mots caprices et féminins !
Dans les pires moments, l’homme fait appel à l’humour pour oublier ses souffrances ; voilà sans doute ce que se dirent certains puisque l’on sortit vite des besaces un CD audio dont l’humour irrésistible plongea l’assistance dans une hilarité aussi bruyante que dangereuse puisqu’elle risquait de déconcentrer le chauffeur qui pouvait lever les pieds de ses pédales.
C’est donc bien à propos, qu’obéissant à la législation, nous observâmes une pause salvatrice pour permettre au conducteur de se reposer et aux autres de se restaurer. Evidemment, nous nous gardions bien de négliger celui qui, durant le séjour, avait la responsabilité de nous mener à bon port. On n’oublie pas son assurance santé !
Après une heure de halte, nous reprîmes la route avec une leçon d’humour de M. CHOUTEAU et l’organisation d’un test ludique sur la Chine avec en prime la possibilité de gagner quelques exemplaires du livre de M. Bangui. Ainsi va le CEFEB car même dans les moments de détente, on trouvait toujours moyen de retourner au sérieux dans une alliance de contraires dont on se plaignait pas puisqu’elle nous permettait de rehausser le niveau de nos connaissances.
En l’occasion, les distributions de chocolats, nougats et autres douceurs de Mme GAZEL nous furent d’un secours inestimable. Rien d’étonnant à cela puisque l’on était tous d’accord pour dire, des mails qu’elle nous envoie, qu’ils constituent un trésor sans prix.
C’est sous ce rythme tranquille que nos pérégrinations se poursuivirent avec des gains d’agrément qui nous étaient offerts dès que daignions regarder défiler le beau paysage du dehors qui nous fit traverser entre autres villes Montélimar, Valence, Saint Etienne avant Clermont Ferrand où nous arrivâmes vers 15h fourbus mais heureux de ce que nous avions vu et vécu.
Tel César franchissant le Rubicon, il ne nous restait plus qu’à vaincre puisque le sort en était jeté.
Arrivée à Clermont : premiers contacts exploratoires
Notre entrée à Clermont ajouta le plaisir au plaisir en ce sens que les premières images que l’on avait de la ville ravissaient nos sens. Nous arrivâmes dans un état second qui résistait à la fraîcheur ambiante, rejoignant sans tarder la Maison internationale universitaire (MIU), site situé sur la rue KESSLER, qui devait nous abriter les deux prochains jours.
Aussitôt les formalités d’usage expédiées, nous rejoignions nos appartements universitaires. Quelle ne fut notre surprise de découvrir que si notre site marseillais relevait d’un classement 3 étoiles, celui de la MUI devait être de 2 rangs au dessus. Décidemment, Clermont avait du bon !
Les bonnes surprises accumulées inspirèrent sans doute favorablement les céfebistes qui ressortirent de leurs chambres 5 minutes plus tard pour sacrifier à la visite de leurs homologues du CERDI. Monsieur Patrick PLANE, Directeur du CERDI, se livrait à une présentation élégante qui permettait de jeter une lumière plus éclairante sur les activités de ce Centre ; ce qui permit à l’assistance de s’insérer dans ce cadre avec des échanges du plus grand intérêt avec ce responsable qui a séduit par sa patience et son bon sens, deux mots qui sont employés non pas pour rimer mais surtout en ce qu’ils expriment admirablement le ressenti des céfebistes.
La visite de site se poursuivit avec le concours de M. CALIPEL, Vice-Président de l'Université d'Auvergne, qui nous guidait dans les locaux tapissés d’œuvres d’art qui ont quelquefois fait sourciller certains d’entre nous qui trouvaient telle image d’artiste assez équivoque. Mais, il faut reconnaître que c’est vraiment faire un mauvais procès à un artiste que lui reprocher d’être par trop … artiste.
Monsieur CALIPEL, que les céfebistes connaissent bien de par sa maestria à manier les matrices de comptabilité sociale et les modélisations impressionnantes, nous fit arpenter les couloirs de l’institution ce qui nous permit de passer devant les bureaux de certains de nos professeurs provenant du CERDI et dont nous regrettions le fait de ne pas les avoir trouvés sur place. Mais ce n’est que partie remise, peut-être.
En bon guide soucieux de mettre ses auditeurs à l’aise, M. CALIPEL n’hésita guère à nous faire visiter des salles fréquentées, ce qui donna l’occasion à certains céfebistes de se montrer à leur avantage, fraternisant avec la gente féminine « cerdienne ». Ces gens avisés ne perdaient pas leur temps en salamalecs puisque n’écoutant que leur galanterie, ces chercheurs dans l’âme, obéissant à de louables désirs, se ménagèrent des rendez-vous très intellectuels à l’heure où tous les chats sont gris avec les charmantes jeunes femmes du Magistère du CERDI. L’étendard de la coopération CEFEB - CERDI flottait au vent ! Honni soit qui mal y pense !
L’on quittait le CERDI pour la MIU où nous attendait un cocktail dînatoire en compagnie des étudiants du master « Gestion de Politique Economique ». Ce pot était offert par le CERDI, décidemment bon hôte. L’on sacrifia aux plaisirs du manger et du boire en faisant connaissance avec nos homologues tout en discutant de façon insistante avec les petits fours et fromages régionaux tout en sifflant les flutes de boissons disposées à notre intention. Le voyage creuse l’appétit ! se justifiaient les plus voraces qui avalaient goulument les bons mets qui leur passaient sous le nez sans se poser plus de questions existentielles.
Bientôt, les conversations s’éteignirent avec les ventres repus et les invités se dispersèrent en prenant le soin d’immortaliser ces moments favorisés avec des photos qui promettaient d’être belles. Ensuite seulement, ils s’ébranlèrent dans les rues de la ville dans cette fraîche nuit qui était déjà chaude de promesses telle une nuée de sauterelles s’abattant sur un champ de maïs.
Clermont à nous !
Voilà qui explique qu’au bar des Beaux Arts quatre mousquetaires du CEFEB, reconnaissables à la lourdeur de leur mise, se livrèrent à des duels à fleurés mouchetés avec des « cerdiennes » férues de cape et d’épées dont les prénoms de fleur et de liquide donnèrent lieu à une créativité poétique inégalée et inégalable et à des incursions sur les travaux de recherche des uns et des autres comme, d’ailleurs, une équipe de superviseurs mixte composée des administrations des deux écoles eut à le constater de visu lors d’une visite impromptue au bar.
Partout ailleurs dans la ville, les céfebistes investirent les places fortes cherchant à faire baisser pavillon aux Clermontoises avec des fortunes diverses qui ne traduisaient que l’excellence des relations à approfondir.
Mardi 10 : les attractions de Vulcania
Mardi 10 semblait être un jour très ordinaire dans cette trilogie guerrière qui caractérisait notre séjour à Clermont. Cela n’était qu’illusion puisque, malgré la singularité de cette date anonyme encadrée par ses deux célèbres sœurs belliqueuses, la journée ne présageait guère la douceur, le programme retenu étant hyper chargé.
Comme pour donner le change, elle démarra avec un petit déjeuner sympathique au rez de chaussée de la MIU avec deux hôtesses dont la gentillesse suffisait à donner de l’appétit à tout homme de bien. Certains collègues ne s’y trompaient d’ailleurs pas. Adeptes d’une certaine forme de contemplation, ces artistes dans l’âme s’attardaient un peu plus que de raison dans la salle, semblant boire avec beaucoup de délectation ce petit déjeuner qu’ils retardaient à dessein, sans tromper personne d’autre qu’eux-mêmes.
Les relations sino-africaines et l’Europe : mariage de raison ou turpitudes ?
Certains collègues faillirent rater l’excellente conférence suivie de débats, objet principal de notre visite, portant sur les enjeux de la coopération entre l’Afrique et la Chine. Animé par Mme Mary-France RENARD, Doyen de la Faculté de Sciences économiques de l’Université d’Auvergne et M. Thierry BANGUI, consultant, auteur de l’ouvrage « La Chine, un nouveau partenaire de développement de l’Afrique : Vers la fin des privilèges européens sur le continent noir ? » et modéré par M. Chouteau, la rencontre donna lieu à des échanges croisés entre les deux conférenciers qui présentaient la relation Chine-Afrique avec une approche différente, l’un semblant encourager cette forme de coopération sino-africaine alors que la seconde flétrissait l’inanité des choix de coopération excluant l’Occident.
Après les présentations, le modérateur passa la parole à Monsieur Gilles Genre-Grandpierre, Directeur du CEFEB, qui avait rejoint les auditeurs à partir de Paris. Ce dernier profitait de l’occasion pour donner les axes structurant la coopération entre l’AFD et l’Empire du milieu. Une collaboration verte de lendemains chantants puisque reposant en grande partie sur le développement durable.
Les débats entre céfebistes et « cerdiens » furent passionnés mais il fallait également penser aux prochains rendez-vous de la journée et dont le premier devait nous mener au parc d’attractions Vulcania situé à la lisière de Clermont-Ferrand, au cœur des volcans d'Auvergne, en bordure de la chaîne des Puys.
Vulcania et ses surprises
Nous arrivâmes à Vulcania juste avant le déjeuner que nous prenions sur le site aménagé à cet effet. Le service était simple et efficace avec un plat du pays. Après les plaisirs du palais, nous songions à nous intéresser à ce qui se passait alentour. Le programme proposé était alléchant mais costaud. Ceci explique sans doute cela car avec la précipitation, nous perdions de vue le reste de la troupe qui s’efforçait de maximiser ses visites.
Il faut dire que nous le réussîmes à merveille puisque entre le moment où nous perdîmes le groupe et l’instant où nous les rattrapâmes, nous fûmes naturellement aux petits soins pour le Directeur qui, tout au long de notre compagnonnage, ne sentit pas le danger qui guettait. En bons mousquetaires, nous avions pris le soin de nous relayer par deux auprès de cet homme étonnant qui distillait une conversation rafraîchissante sur laquelle nous surfions en continuant notre repérage en vue de le mettre à l’abri, dans le grand groupe qui devait lui apporter anonymat et sécurité.
A dire vrai, cela fut un plaisir de parler avec cet homme qui savait utiliser ce relativisme de bon aloi qui caractérise les grands de ce monde, fut-il en s’abaissant au niveau de son auditoire ; ce qui lui permit d’enfourcher, au moment idoine, le viatique adapté pour affronter la terrible épreuve du Dragon ride.
Le Dragon ride
Il faut faire le Dragon ride pour pouvoir apprécier la fertilité d’esprit des scientifiques qui pensèrent à ce chef d’œuvre qui, faut-il le dire, faillit être fatal à certains de nos collègues qui faillirent sortir de la salle en criant ; ce qui aurait à jamais décrédibilisé le CEFEB. Pour notre part, seul notre grand calme nous permit d’insuffler la sérénité nécessaire à nos compagnons afin d’éviter les travers que l’on vous narrera certainement dans une autre relation. On ne se hisse pas à certain niveau sans mérite et cela nous le vérifiions avec la plus haute autorité qui passa l’épreuve avec un succès évident qui se passe de commentaires.
Pourtant, l’arsenal déployé par les esprits retors des inventeurs du dragon ride nous avait mis en présence, pendant près d’une dizaine de minutes qui semblaient durer une éternité, à des monstres sortis de la préhistoire, crachant du feu, qui cherchaient à se saisir de nos frêles personnes à travers des labyrinthes dont les parois semblaient nous toucher à chaque instant. Heureusement, nul d’entre nous ne faillit ni ne défaillit et on s’en tirait sain et sauf.
Nous quittions ce terrain dangereux pour rechercher nos autres collègues car le passage au dragon ride nous montrait combien le groupe avait besoin de notre présence rassurante puisque le calme dont on venait de faire montre pouvait être utile aux autre. Il faut être altruiste ou ne pas l’être !
Le grand cratère
Les bons sentiments qui nous animaient durent sans doute être récompensés par la Providence puisque nous rattrapions vite nos amis dont les visages étaient visiblement le sujet d’une vive inquiétude. Leur première épreuve semblait avoir fait des ravages parmi eux. D’ailleurs deux d’entre ces gens, qui habitaient des pays où on n’avait jamais connu les volcans s’extasiaient des jeux de lumière du Grand Cratère jusqu’à risquer de choir au fond du précipice aménagé à une profondeur de 35m et où coulaient des laves factices.
Les forces de la nature
Avec ce spectacle à couper le souffle, certains vécurent la frayeur à l’état pur. Cette épreuve nous mit dans une situation faire face à un cataclysme naturel de grande ampleur avec des animaux qui désertaient leur habitat naturel. L’apparition de reptiles qui fonçaient droit sur nous fit oublier la virtualité des images ; surtout que les sifflements … des serpents qui … sifflaient sur nos têtes étaient rendus plus réalistes par des jets d’air à hauteur de nos mollets qui n’étaient pas sans rappeler les frôlements reptiliens
Le simulateur de séisme
Les céfébistes n’étaient pas au bout de leurs peines. L’épreuve de simulation des séismes faillit mener à des défaillances cardiaques chez certains qui s’agrippaient aux barres de fer de toute leur force tellement ils croyaient assister à un vrai tremblement de terre. Peu d’entre eux montraient bonne figure étant en proie à une terreur indicible.
Comme on peut le constater, l’atmosphère de terreur ne pouvait continuer au vu des réactions trop sensibles enregistrées chez quelques céfebistes. Cela nous amena à mieux sensibiliser l’ensemble de la troupe qui, au final, bien qu’ayant connu quelques frayeurs bien senties, prit les choses avec une philosophie toute nouvelle. A compter de ce moment, le mythe de Vulcania fut dépassé et l’endroit fut dès lors seulement considéré par ce qu’il devait être à savoir un parc ludique et scientifique.
Cela explique la joie teintée de regret qui étreignit nos amis au moment l’on devait prendre congé du site. D’aucuns des céfébistes s’attardaient encore savourant plus intensément les derniers moments à passer sur ce lieu féerique pendant que d’autres prenaient les ultimes images du lieu qu’on ne quittait qu’avec beaucoup de regret. Pourtant, il le fallait puisque le Directeur du CEFEB devait rentrer, le devoir l’appelant à Marseille.
Le parcours du retour fut un peu triste mais on se remettait vite en pensant au diner prévu dans moins d’une heure. Il était maintenant devenu clair que la visite du vieux Clermont-Ferrant ne se ferait pas, compte tenu du programme chargé de la journée qui ne le permettait pas.
Le dîner ou l’art de swinger !
Moins d’une demi-heure après avoir été déposé dans notre résidence du MIU, nous en ressortîmes pour honorer comme il se devait le dîner offert par le CEFEB qui nous avait invité au Puy de la Lune, un restaurant de la place.
L’on se sustenta au son d’un orchestre de Jazz qui joua un swing d’enfer qui ne laissa personne indifférent. Les mets exquis et les vins fins furent bien appréciés dans une ambiance indescriptible qui donna lieu à une farandole extraordinaire que les auditeurs décidèrent de poursuivre dans la grotte, un appendice du restaurant servant de dancing.
S’agissait-il de se libérer de la peur de l’après midi ? Ou devait-on simplement référer la trop grande activité corporelle des céfebistes au naturel en démonstration ? Quoi qu’il en soit, on se surpassa dans une mêlée furieuse avec des arabesques qui ne laissèrent pas indifférent l’encadrement qui n’était pas en reste.
Monsieur CALIPEL montrait que, s’il excellait dans la modélisation et la matrice de comptabilité sociale, le chant et la danse constituaient également ses domaines de prédilection. Mme GAZEL n’était pas en reste. Elle montrait de la gracieuseté à exécuter certaines figures extrêmement complexes qui lui furent rendues aisées par la sagacité naturelle de Monsieur TOUYA qui se révélait infatigable, souple et aussi agile que le Fred Astaire des grands jours qu’il rappelait à certains de ses passages.
Mercredi 11 : Le retour
On se réveillait ce mercredi 11 novembre l’esprit tourné vers le symbolisme de l’armistice et la paix qu’elle véhiculait. Cette date s’était inscrite dans l’histoire et on n’y pouvait rien. On fit vite nos adieux avec la MIU afin de ne pas retarder le départ.
Les ruptures dans la douceur ne servent qu’à attiser la douleur et c’est sans doute pourquoi les auditeurs du CEFEB quittèrent vite le confort douillet de nos chambres pour rejoindre le majestueux car de Protour qui les attendait. Mais on sentait que le départ était forcé. Que les esprits étaient rétifs. Que les cœurs saignaient...
L’histoire, encore l’histoire, toujours l’histoire
Il était dit que nous étions mariés avec l’histoire avec ce séjour clermontois car notre retour fut en grande partie marqué par cette discipline et les lieux s’y rapportant. Ainsi, l’encadrement nous replongea dans les profondeurs de l’âme française en nous traçant à grands traits les caractéristiques des pays dont ils étaient originaires.
La vaillance des Bretons, ces fiers guerriers débarquant de la Perfide Albion, fut évoquée avec en toile de fond des chansons qui rappelaient les us et coutumes locales. Les Béarnais n’étaient pas en reste puisqu’au souvenir d’Astérix, soutenu par son savant druide, résistant aux romains entre menhirs et dolmens, ils pouvaient opposer Henri IV ou même d’Artagnan, le héros de Dumas. Les Provençaux, inspirant Rouget de l’Isle, furent vantés alors que les mérites de Grenoble et de Lyon firent également l’objet de récits magnifiques.
Et comme par hasard, les évocations historiques nous menèrent jusqu’à Avignon qui nous fit penser à la résidence des Papes mais aussi aux demoiselles du même nom de Picasso.
De discussions en discussions, la maitrise d’ouvrage fut remise sur le tapis avec un contrat de louage qui fit l’objet de négociations serrées entre certains céfebistes et un propriétaire terrien qui voyageait avec nous. Celui-ci en avait assez de constater sans plaisir que toutes ses économies étaient englouties par les récurrentes réparations d’une demeure familiale qui, année après année, continuait à se dégrader. Un tonneau des danaïdes, en somme !
Ne pensant qu’à leur altruisme, d’autres céfebistes cassèrent le contrat antérieur en proposant un soutien totalement désintéressé, rappelant ainsi que la légendaire solidarité africaine subsiste encore au temps. Une solidarité au nom de laquelle nos ancêtres combattirent la tragédie allemande de 14 - 18 dont l’anniversaire de la défaite, synonyme de paix dans le monde, est célébrée en ce jour même.
L’esprit du séjour
Voilà qui ramenait les esprits vers les concepts phares structurant l’universalité qui caractérisent ce troisième millénaire, le nôtre, assurément marqué par la pluralité, la complémentarité, l’interdisciplinarité.
Juste retour des choses, ces échanges que l’on avait eus avec l’Administration et qui semblaient partir des vécus, des origines des uns et des autres jusqu’à s’élargir vers des éléments plus transversaux, n’étaient, en somme, qu’une autre façon de réfléchir sur ce qui nous unissait, sur le sens du stage des ces vingt nationalités que nous constitutions en terre française, au CEFEB.
A travers ces trois jours, ce qui ressortait c’était surtout la nécessité de s’ouvrir à l’autre, l’impératif de repenser la coopération entre nos différents Etats, de revoir les rapports humains au sein du tandem Administration - auditeurs et c’est en cela que nous pouvons constituer les têtes de pont d’une nouvelle façon de faire.
Dans la vie il faut savoir partir de loin pour revenir à ce qui est proche. Voilà ce que peut-être, dans le cadre de cette formation et de ce séjour extra muros, pouvait symboliser l’armistice.
Le constat semblait s’imposer de lui même : notre séjour à Clermont, au delà de toutes autres considérations, aura su réunir l’administration et les auditeurs vers l’essentiel : la convivialité, la solidarité et l’échanges fécondants. Tels étaient les viatiques sur lesquelles nous nous accordions lorsque le bus de Protour nous déposait au Résidhôtel, rappelant à certains la désolation de leurs réfrigérateurs qu’ils avaient vidés à l’occasion du voyage.
Fait à Marseille, le 14 novembre 2009
Fadimata BA, née TALL - Oumar El Foutiyou BA - Nadir YACOUBI
10:25 Publié dans Action humanitaire, Développement économique, Education, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : études, volcans, master, cerdi
mercredi, 01 avril 2009
Fin de l'Option Publique de la 2ème promo du Master MOPP
Je sais que j'ai mis un peu de temps avant de revenir sur le blog. Je souhaiterais vraiment avoir les contributions des uns et des autres, voeu pieux ? On verra...
Donc, l'option Publique de la 2ème promotion du Master MOPP s'est terminée le 20 mars dernier. Après une semaine intense en émotions (les soutenances de mémoire avaient lieu en début de semaine), nos étudiants ont assisté à l'évaluation de l'option en présence de G. Genre-Grandpierre (Directeur du Cefeb), de Stéphane Calipel (Vice-Président du CERDI) ainsi que de Marine Karcher et Clotilde Boutrolles, nos deux jeunes et jolies dynamiques responsables d'option. Les échanges ont été très constructifs et de nombreuses propositions des étudiants seront prises en compte dans l'organisation de la prochaine promotion.
Ensuite, le grand moment : la proclamation des résultats ! En tant que spectatrice et pour y avoir assister une bonne douzaine de fois, c'est un instant de tension que tout le monde partage. Lorsque Gilles Genre-Grandpierre, en débutant son discours, a annoncé que tout le monde était reçu, il y a eu une clameur incroyable avec même des sauts de joie pour certaines dont je tairai le nom...
Au final, sur 19 étudiants : 2 mentions très bien, 6 mentions bien, 8 mentions assez bien. Le niveau est vraiment très bon, tout le monde a bien travaillé, certains beaucoup.
Pour ma part, une fois de plus, c'est avec beaucoup de tristesse que j'ai quitté ceux qui font maintenant partie de la grande famille des anciens céfébistes et qui sont désormais mes amis.
Je vous embrasse tous et espère de vos nouvelles très vite.
Anna Coatmeur
PS : les photos de la dernière journée sont en ligne.
14:33 Publié dans Action humanitaire, Développement économique, Education, Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 janvier 2009
Maîtrise d'ouvrage du programme de réalisation de barrages en terre...
Titre mémoire : Maîtrise d’Ouvrage du programme de réalisation de barrages en terre et des aménagements hydro-agricoles par la Direction des Bassins de Rétention et Lacs Artificiels
Dans le but d’améliorer la situation existante et afin d’atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté poursuivis par le gouvernement à travers la stratégie nationale de réduction de la pauvreté dans sa composante sectorielle du développement rural et le Programme National des Bassins de Rétention, nous nous proposons de traiter dans le cadre de ce mémoire le sujet suivant:« Maîtrise d’Ouvrage du programme de réalisation de barrages en terre et des aménagements hydro-agricoles par la Direction des Bassins de Rétention et Lacs Artificiels.»
Il s’agit ici de réfléchir particulièrement sur la conception, le financement et la mise en oeuvre d’un paquet de cinq ouvrages autour des retenues d’eau. Ce package est ainsi composé :
- Réaliser des retenues d'eau grâce à la réalisation de barrages en terre;
- Simultanément ou successivement aux barrages, réaliser des périmètres irrigués;
- Réaliser des magasins de stockage pour les semences, les intrants, le matériel et les récoltes;
- Réaliser des pistes rurales d'accès aux aménagements;
- Réaliser des abreuvoirs pour l'élevage.
L’objectif central de ce mémoire est la réalisation d’un document de référence afin de permettre à la Direction des Bassins de Rétention et Lacs Artificiels (DBRLA) de mettre en oeuvre la politique définie par le gouvernement en la matière en répondant aux questions fondamentales suivantes et qui seront éclairées par une étude de cas à mener.
Ces questions à résoudre sont :
1) Comment définir la chaine de la maîtrise d'ouvrages et ses mécanismes depuis le niveau central (Ministère, DBRLA) jusqu'au niveau communautaire (l'appropriation par les populations) ?
2) Comment concevoir techniquement ce paquet d'ouvrages ?
3) Comment les populations cibles vont utiliser et rentabiliser ces ouvrages pour que ces derniers puissent contribuer à l'élimination de la pauvreté à l’échelle locale et à sa réduction du point de vue de l’économie nationale ?
4) Comment définir la rentabilité du projet pour les investisseurs et ainsi trouver les financements nécessaires à la réalisation de ce projet ?
5) Comment faire de sorte que ce package soit reproductible dans l’espace et dans le temps et contribuer ainsi à la réalisation de cet ambitieux programme de 3240 ouvrages en définissant sur quelle durée cet objectif peut être atteint en s’appuyant sur l’exemple du Burkina Faso qui a adopté cette politique depuis plusieurs décennies ?
Ces questions seront traitées de façon plus pratique à travers une étude de cas s’appuyant sur une situation réelle, les barrages réalisés dans les Niayes dans la région de Dakar et les aménagements projetés.
Harouna Kalidou GAYE
Ingénieur du Génie Rural
10:40 Publié dans Action humanitaire, Développement économique, Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barrages hydrauliques, aménagements hydro-agricoles, bassins de rétention, retenues d'eau, magasins de stockage, maîtrise d'ouvrage, pistes rurales













